Jacques Galos, d’Arance, député de Gironde et ami de Goya

Jacques nait le 3o septembre 1774, fils de François Israel Galos (dit Capdevielle) et de Marie Lasserre (dite Bertoumieu), une famille modeste d’Arance (François serait aubergiste ?).

Il s’adonna au commerce et s’établit à Pau comme négociant.
Il y épousait, le 3o novembre 1798, la fille d’un marchand, Catherine Brat, âgée de vingt-deux ans.

Après avoir séjourné environ 5 ans à Pampelune, il se fixe à Bordeaux en 1804. Il habita rue Devise-Sainte-Catherine puis, à partir de 1813, rue Saint-Rémi. Il accrut son commerce et sa fortune d’une façon considérable, contribua à multiplier les relations entre Bordeaux et l’Amérique du Sud et devint l’un des négociants notables de la ville. En 1819, on le trouve parmi les fondateurs de la Caisse d’épargne; deux ans plus tard, il est nommé régent de la Banque de Bordeaux ; en 1827, il fait partie de la Société privée qui crée le Dépôt de mendicité.

En même temps, il se mêlait activement au mouvement politique qui favorisa le développement du parti libéral dans la Gironde et assura son triomphe en décembre 1827. Les réunions du parti se tenaient chez lui. La Révolution de 1830 le porta aux honneurs. Très populaire à Bordeaux (c’est dans sa maison que le préfet de Curzay se réfugia pour éviter d’être écharpé par la foule), il fit partie de la Commission municipale provisoire créée d’urgence le 31 juillet. Quand le gouvernement de Louis-Philippe s’organisa, il fut nommé conseiller municipal par ordonnance royale. On le proposa pour un poste d’adjoint; mais suite à la démission de M. de Lur-Saluces, député de La Réole, Jacques Galos fut élu le 21 octobre à la Chambre par 128 voix sur 221 votants. Il eut  à peine le temps d’y siéger. Le 29 décembre 1830, il mourait à Paris à la suite d’une maladie douloureuse. Bordeaux lui fit de solennelles obsèques. Elles eurent lieu le mardi 4 janvier 1831 en l’église Saint-Pierre. Le comte de Preissac, préfet de la Gironde, le baron Janin, lieutenant général, le marquis de Bryas, maire de Bordeaux, Baour, directeur de la Banque, Balguerie ainé, député, et Alexandre Loriague, l’un des chefs du parti libéral bordelais, tenaient les cordons du poêle. La garde nationale fermait le cortège, qui défila dans les rues de la ville au milieu d’une affluence considérable.

Son second fils, Joseph Henri Galos né à Bordeaux le 25 octobre 1804 épouse Isabelle, la dernière fille du général Foy, général d’Empire blessé à la bataille d’Orthez, comme le rappelle une stèle, sur la route de Dax à Orthez. Joseph devient également député de la Gironde (de 1837 à 1848 et a laissé un ouvrage sur la Marine marchande. Il est directeur de l’administration des colonies en 1842. Sous le Second Empire, il est membre du conseil d’administration de la Compagnie des chemins de fer de l’Est.

Mais le plus grand honneur de Jacques Galos fut surement d’être l’ami de Goya, son conseiller dans les questions d’argent, un des principaux soucis du vieil artiste, et son bienfaiteur généreux aux heures de gêne. Jacques acquiert les lithographies de los Toros de Burdeos et est chargé de garder l’héritage laissé par Goya.  

 

Il est clair que le peintre a placé beaucoup de confiance en son ami, comme en témoignent les diverses mentions de lui dans ses lettres à son fils. C’est sans doute pour le remercier que Goya peignit son portrait, qui fait revivre pour nous les traits de cet arançais sorti du peuple, devenu l’un des plus grands bourgeois bordelais de 1830. Galos avait alors cinquante-deux ans. Il est représenté en buste, de grandeur naturelle, presque de face. « Sa tête énergique et intelligente est surmontée de cheveux gris quelque peu embroussaillés sur ses joues, à hauteur du lobe des oreilles, poussent de courts favoris; il est vêtu d’un habit bleu foncé à deux rangs de boutons ». Sur le fond, à droite, vers le bas de la toile, on lit D° Santiago Galos  pintado por Goya de edad de 80 anos en 1826. Le tableau est détenu aujourd’hui par la Barnes Foundation, Merion (USA)

Cette toile, d’après les connaisseurs, est certainement la meilleure de celles qu’il peignit à Bordeaux. « Chose étrange, elle ne se ressent en aucune façon des atteintes de l’âge chez son auteur. L’œuvre est aussi fraîche, aussi lumineuse, d’une aussi belle allure que ses productions de dix ans plus anciennes ». Ce portrait a servi de modèle au médaillon en marbre blanc placé sur l’imposante pyramide qui recouvre, à la Chartreuse, le tombeau de Jacques Galos, juste en face du monument funéraire de la famille Muguiro, qui reçut le corps de Goya.

Ref : Revue philomathique de Bordeaux et du Sud-Ouest (1908)

 

Voici un T. shirt que l’on peut voir dans les rues de New York ou San Francisco … Bientôt à Arance ?